¿Remuntada?

La situation ne serait alarmante dans aucun autre club du monde. Mais c’est un fait, la crise couve au Camp Nou: le Barça vient de vivre 3 défaites sur les 5 derniers matchs, du jamais-vu depuis mai 2008… Fin de cycle? Simple méforme passagère? Quoiqu’il en soit, le Club s’avance vers son match retour contre le Milan AC sans de grandes certitudes, mais avec la force et la confiance d’une institution qui domine (encore) le football moderne. Pour combien de temps? Éléments de réponse ce mardi soir.

Mercredi 20 Février 2013, 22h45, Stadio Giuseppe Meazza de San Siro, Milan. Les joueurs du Barça rentrent au vestiaire la tête basse, sonnés par une défaite par 2 buts à zéro qui vient de leur être infligée par le Milan AC. Pendant 93 minutes, les Blaugranas auront eu le ballon, dominé la partie, multiplié les passes pour finalement dégager ce sentiment d’impuissance qui fait qu’ils auraient pu jouer ainsi 3 heures sans jamais trouver la faille dans une défense rossonera regroupée et affamée. Un sentiment pour le moins inhabituel pour cette équipe, souvent considérée comme la meilleure de tous les temps et constamment louée pour sa capacité à s’ouvrir des brèches par son jeu véloce et technique.

Oui, ce soir-là, le Barça a semblé subir le contrecoup de tant d’efforts consentis depuis tant d’années, pour arriver là où il est aujourd’hui. Dans la continuité de ce coup dur, le hasard du calendrier a alors offert à l’équipe l’opportunité de se relever et de se rassurer en affrontant son meilleur ennemi, le Real Madrid.

Seulement, par deux fois et à une semaine d’intervalle, à domicile comme à l’extérieur, en Coupe comme en Liga, le Barça a subi deux sévères défaites face à la Casa Blanca. Un affront pour le moins alarmant au moment d’aborder les échéances décisives de cette saison, à commencer par ce match retour contre le Milan AC. Car si deux courtes victoires ont été glanées entre temps face au FC Séville et au Deportivo La Corogne, leur contenu ne peut en rien assurer une issue heureuse face aux Italiens, qui par tradition sont une vraie référence mondiale lorsqu’il s’agit de défendre un avantage corps et âme.

Alors oui, le Barça s’avance fébrile et tâtonnant vers ce qui s’annonce comme le tournant de sa saison 2012-2013. Sans entraîneur fixe depuis plusieurs mois (Tito Vilanova, successeur de Pep Guardiola, est à New-York pour y soigner son cancer de la glande salivaire), l’effectif paraît s’autogérer et se doit maintenant de trouver la force de se ressourcer et de faire face à une certaine usure due aux nombreux succès acquis et au poids des années qui pèse de plus en plus sur les épaules de certains de ses cadres.

Le Barça paraît donc fatigué, oui, blessé, aussi. Mais une bête blessée n’en est que plus dangereuse, et cette équipe l’est alors sûrement plus que n’importe quelle autre. Et si une équipe mérite du crédit pour tout ce qu’elle a accompli, c’est bien celle-ci.

Alors le Camp Nou ressortira ses banderoles « Remuntada »  de la demie-finale malheureuse de 2010 contre l’Inter pour espérer leur faire vivre un tout autre dénouement, et une gigantesque mosaïque se déploiera dans  tout le stade avec, en plus de la senyera et des couleurs du Club, un message porteur d’espoirs: « Som un equip! » (« Nous sommes une équipe » en catalan, ndlr).

Ce mardi soir, ils seront quelques 100 000 fans à pousser à chaque accélération de Messi, à chaque ouverture de Xavi, à chaque crochet d’Iniesta. Avec une confiance aveugle en eux et en ce Club, qui tant de fois les a éblouis ses dernières années. Mais aussi, avec la crainte de voir leur équipe déstabilisée et son règne mis en danger. Et ça, le Camp Nou n’y était plus habitué.

3 Comments to “¿Remuntada?”

  1. Salomon 12 mars 2013 at 11:26 #

    Un très bel article, bravo et visca barça!

  2. Diego 20 mars 2013 at 9:58 #

    ¡ Que bonito articulo hombre !

  3. kyky 8 janvier 2016 at 17:01 #

    Voir le Barça perdre autant de matchs d’affilés fut une surprise à l’époque. Aujourd’hui, on voit mal une telle situation se reproduire, surtout avec son trio offensif, composé de Messi, Suárez et Neymar.


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